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« Ils ont fermé la rue Sainte-Croix, il y a une bombe. » Visiblement, à mon retour de la banque, le Marais n’avait pas explosé. Ca ne fait que six mois que je suis là, j’aimerais autant qu’ils attendent un peu plus avant de le faire sauter. (D’un autre côté, habiter à Paris tend à contribuer à la misanthropie, donc je pourrais bien être celui qui posera la bombe, d’ici quelques années.)
« Est-ce que vous voulez pouvoir faire des retraits avec la carte ? Par défaut on les désactive, pour pouvoir confier la carte à un employé pour faire une course, mais si vous êtes sûr de ne pas avoir la tentation… » Mais il ne m’a pas prévenu que la BusinessCard était sexy et brillante et argentée et me murmurerait à l’oreille “Oh oui, utilise-moi, je suis ta chose, allons aux Bahamas ensemble et tu me feras tout ce que tu voudras. ” Allez, dans le tiroir, la carte, parce que sinon je ne vais pas pouvoir me retenir d’inviter tout le monde et n’importe qui au restaurant.
Je crois que ça y est, je suis à peu près de retour à mon poids normal, vive la marche (je “crois” parce que je ne me pèse pas, je suis contre). Bien sûr, mon poids normal, c’est juste le poids qui me permet de faire illusion tant que je suis habillé, pas de me mettre torse nu en boîte ou sur internet, mais (1) c’est pas forcément plus mal et (2) pour le ventre plat et les biceps qui ressortent, ce n’est plus du ressort du régime, c’est soit l’anorexie soit la salle de gym.
Tiens, j’avais oublié que j’avais avancé l’argent des serveurs pour mai, aussi. Youpi, je suis riche. Enfin, non, là tout de suite je suis plutôt à découvert, mais je suis virtuellement riche.
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